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Journée de solidarité : polémique sur les 2 milliards d'euros récoltés en travaillant le lundi de Pentecôte Guide des démarches
01/06/2009
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Visite de l'usine à gaz.

La journée de solidarité

La canicule de 2003 avait mis en évidence les insuffisances de l’accompagnement des personnes âgées en France. La journée de solidarité a donc été créée en 2004 pour améliorer la prise en charge des personnes privées d’autonomie.
Il s'agissait alors de travailler le lundi de Pentecôte et de verser le fruit de ce travail dans une caisse spécialisée.
On prenait ainsi sur l'effort de travail pour augmenter ce qui était jusque là du ressort des deniers publics. Sans le dire, il s'agissait d'un nouvel impôt, la CSA (contribution solidarité autonomie) qui s'ajoutait à l'impôt sur les bénéfices, la taxe professionnelle, la CSG, la TVA, l'impôt sur le revenu...
Effet fâcheux du lundi de Pentecôte travaillé, les parents travaillaient pendant que les écoles étaient fermées, les routiers étaient tenus de travailler, mais n'avaient pas le droit de rouler, et ainsi de suite.
Avec la loi Léonetti du 16 avril 2008, le lundi de Pentecôte est devenu baladeur et la journée de solidarité se résume au choix des employeurs à :

  • soit 1 jour de RTT (éventuellement 2 demi-journées),
  • soit 1 jour férié en moins,
  • soit 7 heures réparties sur plusieurs jours.

En contrepartie de cette journée travaillée mais non payée, les employeurs (du public ou du privé) versent à la CNSA (Caisse Nationale Solidarité Autonomie) une contribution de 0,3% de la masse salariale (un jour de travail). Les revenus du capital (0,3% des revenus des placements et des revenus du patrimoine) y sont également soumis (à l’exception de l’épargne populaire telle que le livret A).
Tous les employeurs sont assujettis à cette contribution. En contrepartie de cette taxe, ils ont la possibilité d’augmenter d’une journée la durée annuelle de travail.

L'argent de la journée de solidarité

Depuis 2005 la CSA rapporte près de 2,25 milliards d’euros par an.
Cette somme est recueillie et répartie par la CNSA (Caisse Nationale Solidarité Autonomie) qui en garantit une bonne utilisation des ressources de la journée de solidarité.
Les sommes perçues sont utilisées de la façon suivante :

  • 60% pour les personnes âgées
    - 40% pour le financement des établissements et services, soit 918 millions d'euros,
    - 20% pour l’APA (allocation personnalisée d’autonomie), distribuée par les conseils généraux au bénéfice des personnes âgées, à domicile ou en établissement, soit 459 millions d’euros,
  • 40% pour les personnes handicapées
    - 596 millions d’euros versés aux conseils généraux pour la PCH (prestation de compensation du handicap) et le fonctionnement des MDPH (maisons départementales des personnes handicapées).
    - 321 millions d’euros pour les établissements et services médico-sociaux (financement de places et d’emplois…).

L'argent du lundi de Pentecôte est-il vraiment consacré à l'autonomie ?

Oui et non. L'Etat qui n'arrive jamais à boucler ses budgets est toujours soupçonné de tricher. Dans ce cas, on a parlé de l’effet vignette automobile, impôt créé en 1956 pour financer les allocations vieillesse et qui a été utilisé à d’autres fins.
Pour couper court à la critique, l'argent est "sanctuarisé". Il est entièrement versé à la CNSA qui ne peut en faire un autre usage.
Oui, mais les détracteurs signalent que l'Etat en a profité pour diminuer les crédits qui étaient déjà alloués à ces actions, ce qui revient un peu au même. Lire ci-dessous, la critique de l'AD-PA.


 
 
Libre expression

AD-PA (Association des Directeurs au service des Personnes Agées)

L’AD-PA (Association des Directeurs au service des Personnes Agées) tient à rappeler que plus d’1,2 milliard €, (soit 50 000 emplois) provenant du jour férié supprimé n’ont pas été dépensés comme prévu;

  • plus de 500 millions € ont été consacrés à la construction de structures alors qu’ils devaient permettre le recrutement de salariés,
  • plus de 700 millions € ont servi à diminuer l’engagement de l’Etat et de l’Assurance Maladie dans le secteur, au lieu d’améliorer les conditions de vie des personnes âgées vivant en établissement ou à domicile.

Le but de l’AD-PA n’est pas de polémiquer avec tel ou tel, mais de contribuer à rendre transparent un débat d’une effroyable complexité technique; ainsi l’AD-PA espère inciter les Pouvoirs Publics à engager les vrais arbitrages financiers dont les personnes âgées fragilisées ont besoin, plutôt que de se livrer à des opérations de communication parfois éloignées du réel, comme ce fut le cas précédemment.

Note technique sur les détournements du jour férié

  • 2004
    Le Premier Ministre, J-P. RAFFARIN, installe le Conseil de la Caisse en annonçant qu’elle « fera en plus et jamais à la place de l’Etat ou de l’Assurance Maladie ».
    L’Etat consacre une partie du Jour Férié à financer l’APA (Allocation Personnalisée à l’Autonomie) créée en 2001.
    L’Etat décide de ne pas verser, dès la première année, tous les crédits issus du Jour Férié pour l’aide aux personnes âgées.
  • 2005:
    L’Etat fait diminuer l’effort de l’Assurance Maladie en matière d’aide aux personnes âgées, parallèlement à l’arrivée des crédits liés à la suppression du jour férié, ce qui représente 160 millions € (cf. tableau page suivante).
    L’Etat utilise une partie des fonds de la CNSA pour payer les engagements qu’il n’avait pas honorés dans ses contrats de Plan signés avec les Régions.
    L’Etat fait payer à la CNSA sa part dans la climatisation des établissements pour personnes âgées.
  • 2006:
    L’Etat demande à la CNSA de financer des actions existant précédemment (enquête sur les conditions de vie des personnes âgées et handicapées, handi sport…) 120 Millions € sont non dépensés.
  • 2007:
    400 Millions € non dépensés: 200 sont repris pour faire des économies à l’Assurance Maladie sur 2008 et 200 pour des investissements: les établissements de demain sont donc construits au détriment des personnes âgées d’aujourd’hui.
  • 2008:
    L’Etat promet de réaffecter les crédits détournés à la CNSA ! Au lieu de cela 560 millions € supplémentaires ne sont pas dépensés et 260 sont repris pour faire des économies à l’Assurance Maladie sur 2009.
  • 2009:
    L’Etat annonce un Plan de relance de 50 Millions € qui n’apporte aucun moyen supplémentaire et n’est que l’utilisation de crédits non dépensés en 2008 !
    L’Etat impose à la Caisse de le remplacer définitivement dans les engagements qu’il a pris avec les Régions dans le cadre des contrats de Plan (30 millions)
    L’Etat impose à nouveau la Caisse de payer ses promesses à la Fédération Handisport en lui faisant payer les salaires d’entraîneurs sportifs
    Pire, au Conseil de la caisse, l’Etat refuse la proposition de l’ensemble de la société civile (personnes âgées, personnes handicapées, familles, professionnels, départements, partenaires sociaux), visant à compenser les effets de l’arrêté et de la circulaire de février-mars 2009 qui organisent les baisses de crédits dans 90 % des établissements et services à domicile.
    Ce point est le plus intolérable: l’insuffisance des moyens est connue de tous (y compris la Cour des Comptes et le précédent Premier Ministre) des crédits sont disponibles et l’Etat baisse les budgets des établissements et des services.


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