Plus d'un million de personnes se sont déjà fait vacciner contre la grippe A.
D'une manière assez prévisible, après un moment de scepticisme, les gens ont changé d'avis à l'annonce des chiffres de l'épidémie et se sont rendu dans les centres de vaccination. Depuis le dernier point de cette semaine, plus de 300 000 personnes se sont fait piquer, d'où les queues parfois très longues sur les trottoirs.
Plus de 13 millions de personnes ont déjà été appelées à se faire vacciner. Il s'agit des personnes fragiles et leurs proches, des femmes enceintes et des enfants. Les autres devraient suivre.
Peut-on choisir un vaccin avec ou sans adjuvant ?
En théorie, on n'a pas le choix. Les autorités françaises ont commandé six vaccins :
- Pandemrix (avec adjuvant, GSK).
Plus de la moitié des doses commandées seraient du Pandemrix.
C'est lui qui est utilisé actuellement pour presque toutes les vaccinations.
- Panenza (sans adjuvant, Sanofi).
Il est utilisé notamment pour les femmes enceintes et les enfants en bas âge.
16 000 doses environ ont été déjà utilisées.
- Humenza (avec adjuvant, Sanofi),
- Focetria (adjuvant, Novartis),
- Celtura (adjuvant, Novartis)
- Celvapan (sans adjuvant, Baxter).
Rappelons que l'adjuvant a 2 intérêts :
- "rallonger la sauce" : il permet de fabriquer plus rapidement plus de vaccins, puisque l'on utilise moins de souche virale.
- élargir le champ immunitaire : en considérant que le virus de la grippe A va peu à peu se transformer, l'adjuvant permet d'être mieux immunisé des variantes pas trop éloignées du virus d'origine.
Les scientifiques préfèrent ne pas exposer les femmes enceintes à l'adjuvant, car il n'y a pas suffisamment d'études de risques spécifiques aux femmes enceintes avec ce produit. Pour les enfants en bas âge, ce serait surtout une question de confort, le vaccin avec adjuvant pouvant être localement plus douloureux que l'autre.
La vaccination en centre commence par un bref entretien avec un médecin. C'est lui qui vérifie la situation de santé du patient et prescrit le vaccin. On n'a donc en théorie pas le choix du flacon. Un petit échange avec lui n'est toutefois pas interdit, ne serait-ce que pour se rassurer.
Le calendrier de vaccination contre la grippe A
Le ministère de la Santé expédie les bons de vaccination en fonction des priorités parmi la population, mais aussi en fonction de la disponibilité des produits. Les dates de chaque vagues ne peuvent donc pas être précisées.
Le calendrier approché est le suivant :
- au préalable, dans les établissement de santé : les personnels de santé.
- jusqu'à maintenant dans les centres : les personnes à risques, les femmes enceintes,
- jusqu'à maintenant dans les établissements scolaires : les collégiens et lycéens,
- à partir de cette semaine dans les centres : les enfants de 24 mois à 10 ans,
- rapidement, chez eux, les personnes à risque qui ne peuvent pas se déplacer,
- après, le reste de la population (mais on parle de fin décembre, début janvier, sans garantie).
Les personnes qui ont un bon de vaccination mais qui ne se sont pas fait vacciner immédiatement peuvent toutefois le faire dans le centre de vaccination proche de chez elles. C'est notamment le cas pour les collégiens et lycéens dont les parents n'avaient pas donné leur accord mais qui souhaiteraient désormais que leur enfant se fasse vacciner (5 millions de jeunes particulièrement exposés à la grippe A).
Comment obtenir un bon de vaccination ?
Sans bon de vaccination il n'est pas possible de se faire vacciner. Certaines personnes ont toutefois pu être vaccinées en se présentant dans le centre. Inutile de rêver là où il y a la queue.
Il est recommandé aux personnes qui n'ont pas de bon de vaccination de se rendre dans leur Caisse d'Assurance Maladie où le bon leur sera délivré.
Rappelons que ceux qui n'ont pas répondu immédiatement à la convocation peuvent toujours le faire (ce n'est pas un jeu avec élimination du moins rapide).
Où se faire vacciner contre la grippe A et quand ?
On trouvera sur le site de chaque préfecture une page réservée à la grippe A. Elle indique normalement l'adresse des centres de vaccination ainsi qu'un numéro de téléphone pour obtenir plus de renseignements sur votre cas particulier.
Vous trouverez l'adresse du site de votre préfecture dans notre rubrique Chez vous (choisissez le bon département).
consultez le paragraphe "Administration" et suivez les liens.
L'art d'organiser les queues
Pour pouvoir vacciner la totalité des français qui le souhaitent à mesure que les vaccins seraient disponibles avec leur AMM (Autorisation de Mise sur le Marche), les autorités sanitaires ont opté pour une organisation de masse répartie sur 1200 centres. Le but était de ne pas courir le risque d'une surcharge des médecins de famille à un moment où ils étaient susceptibles de devoir soigner de nombreux cas de grippe saisonnière ou de grippe A (750 000 consultations supplémentaires la semaine dernière quand même, et ce n'est que le début).
Comme il s'agit d'une organisation inédite, il était très difficile de dimensionner correctement le dispositif : nombre réel de personnel disponible, débit réel et surtout organisation administrative capable de gérer tous les cas, les courants et les problématiques.
Résultat, après une période de calme préoccupante dans les centres, ce qui a probablement démotivé certains, un afflux soudain et imprévu, difficile à écouler. Notre chère administration française, ou "l'art d'organiser les queues", c'est un vieux sujet de rigolade ou d'énervement (c'est selon que l'on est dans la queue ou pas).
Les mauvaises langues diront qu'il aurait été préférable de mettre en place un système plus souple, s'appuyant en tout ou partie sur des structures existantes (comme les cabinets de généralistes, notamment). Autre inconvénient de ne pas associer les médecins à la vaccination, c'est qu'il devient très difficile de traiter les cas particuliers qui échappent à la gestion administrative (nouvelles personnes à risque ou nouveaux proches, personnes déplacées...).
On peut donc être légèrement inquiet si l'on songe que à ce jour, seulement 1 million des 13 millions de personnes munies de bon se sont présentées et que 3 fois plus de bons seront émis dans les semaines qui viennent. Les queues risquent donc de durer.
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