Les élections municipales et cantonales auront lieu en mars 2008. Après une présidentielle acharnée, les partis sont épuisés et se cherchent des leaders et des thèmes de campagne. Pourquoi ne pas regarder du côté des associations, qui sont en prise directe avec les "vrais gens" ?
Jacques Henrard, président de la CPCA (Conférence permanente des coordinations associatives), pose une question fondamentale "
Doit-on se contenter de compter les points et de mesurer l’écart toujours croissant entre la vie politique et la société ?"
Un sondage réalisé en novembre pour l’Association des maires de France précise l'attente des français :
- 85 à 90% des personnes interrogées souhaitent être davantage associées aux décisions d’aménagement local comme des orientations générales de la commune,
- mais au mieux 26% des français estiment pouvoir peser sur les décisions au niveau communal,
- 28% estiment que les pratiques de la démocratie participative communale sont avant tout des opérations de communication,
un taux qui monte à plus de 40% dans les catégories professionnelles supérieures.
Jacques Henrard propose : "C’est bien dans ce cadre paradoxal des besoins et pratiques de la démocratie participative que les Français perçoivent les associations comme ayant un rôle central à jouer dans la démocratie participative:
- 70% considèrent qu’elles sont une chance pour la démocratie,
- 42% pensent que les associations les représentent utilement,
- 28% pensent qu'elles sont compétentes,
- seul un quart des Français les jugent néfastes par leur particularisme ou leur fonction de filtre de la parole des « simples citoyens ».
Le sondage du Forum national des associations du mois de novembre fournit des chiffres également positifs sur la confiance accordé aux associations par les Français, notamment sur le sujet délicat du financement de la vie associative.
- 71% des français font confiance aux associations alors même qu’ils sont interrogés en pleine affaire de l’Arche de Zoé
- plus de 80% d’entre eux souhaitent que le poids de l’économie associative se maintienne ou se développe encore dans les années à venir.
- plus intéressant encore, 40% des Français pensent que le financement par les pouvoirs publics doit augmenter,
- seul 9% d’entre eux le juge trop important.
Enfin, les Français jugent en majorité que les services des associations sont moins chers que ceux des entreprises pour les raisons fondamentales du recours au travail bénévole comme par l’exercice de leurs missions dans un cadre non lucratif. Le modèle associatif est donc bien connu et reconnu par nos concitoyens.
Jacques Henrard réclame une place pour les associations dans le débat des municipales : "La démocratie représentative, si elle se nourrit régulièrement des compétences associatives, doit pouvoir conforter sa légitimité par une approche renouvelée du partenariat avec la société civile. Chacun à sa place mais chacun à une place. Les Françaises et les Français, engagés ou pas dans la vie associative, y sont prêts. Et ça, ce n’est pas une opération de communication. "