Depuis le 15 novembre 2006, les DEEE ou D3E (Déchets d'équipements électriques et électroniques) ne doivent plus être évacués avec les ordures ménagères, mais être collectés spécifiquement et repris par une filière chargée soit de les réemployer, soit de les recycler sans pollution. L'ADEME (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie) fait le point sur cette première année de récupération.
Les objectifs ne sont pas atteints
L'objectif minimum de 4 kg par an et par habitant, fixé par Bruxelles, n'a pas été atteint puisque seulement 2,4 kg ont été collectés en 2007.
Plusieurs facteurs expliquent ce retard :
- la filière est récente et complexe à mettre en oeuvre d'un point de vue opérationnel,
- assurer la collecte sélective de ces déchets relève d'une démarche volontaire et non pas obligatoire pour les communes,
- le fonctionnement entre éco-organismes, chargés d'organiser la filière, est relativement cahotique
- la communication à destination du grand public n'a pas été suffisante, car la plupart des citoyens ne connaissent pas encore l'existence de cette filière, ni les différentes options dont ils disposent pour se débarrasser de ce type de déchets.
Le réemploi ne séduit pas les consommateurs
D'après la directive européenne, la filière D3E avait d'abord pour objectif le réemploi. C'est-à-dire que certains appareils, comme les ordinateurs par exemple, pourraient être remis en état puis remis en circulation, au lieu d'être détruits et leurs composants recyclés.
Mais pas question d'utiliser le même iPod que l'année dernière !
En France, seulement 40 000 tonnes de D3E environ ont été dirigées vers le réemploi sur un total de 161 000 tonnes de D3E collectées en 2007. En outre, ce ne sont que 10% des D3E dirigés vers le réemploi qui ont effectivement été réemployés.
Pourquoi ce faible taux de réemploi ? D'une part, ce n'est pas un marché ouvert à la concurrence, à la différence du traitement par recyclage, et d'autre part, le réemploi est bien plus coûteux que le recyclage. Très peu d'entreprises du secteur privé traditionnel souhaitent donc se lancer dans le réemploi, cette activité est laissée au secteur des entreprises d'insertion.
Le CNIID cite le cas de la société Ecomicro, entreprise d'insertion conventionnée située en région bordelaise, qui récupère le matériel informatique des professionnels pour le recycler et le réemployer
- une grande partie du matériel réemployé est envoyée dans les pays en développement afin d'équiper les écoles, hôpitaux, ONG etc.
- le reste du matériel réemployé est proposé, à bas prix, à des personnes à faibles revenus résidant dans le quartier où est situé Ecomicro.