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Rapport 2008 sur l'homophobie SOS homophobie
16/05/2008
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L'homoparentalité en question
Editions du Rocher



SOS homophobie publie son Rapport 2008 sur l’homophobie et l’Enquête sur la lesbophobie
SOS homophobie a publié deux documents qui montrent encore l’étendue et la diversité des manifestations hostiles envers les lesbiennes et les gays en France.


Libre expression

SOS homophobie

Le 12ème Rapport annuel sur l'homophobie.

Ce rapport demeure le seul outil d'analyse quantitative et qualitative de l'homophobie en France car, à la différence du racisme et de l'antisémitisme, les actes homophobes ne font l'objet d'aucun recensement statistique public de la part du gouvernement.
En 2007, l’association a encore reçu un nombre très important de témoignages d’homophobie: 1263 appels et courriels. Ces témoignages ne représentent qu’une faible partie de l’ensemble des manifestations homophobes survenues en France.
L’analyse des témoignages reçus en 2007 révèle les grandes tendances suivantes:

  • l’homophobie dans le milieu professionnel demeure le premier motif d’appel,
  • une hausse de 40% en deux ans des témoignages d’homophobie dans le voisinage, qui oblige parfois les victimes à déménager,
  • la hausse des témoignages d’homophobie sur Internet, qui sert souvent de défouloir. Il arrive encore que des hébergeurs refusent de retirer les propos illégaux (insultes, menaces de mort, incitation à la haine), alors que la loi les y oblige.

Le Rapport 2008 met en exergue la violence de la haine homophobe qui continue de s’exprimer en France: SOS homophobie a ainsi recensé 14 meurtres homophobes au cours des 6 dernières années.
Co-présidents de SOS homophobie, Marion Le Moine et Jacques Lizé insistent sur cette réalité tragique: «En 2008, on meurt encore en France pour la seule raison que l’on est homosexuel».
Les agressions physiques signalées à l’association restent à un niveau élevé: plus de 2 agressions par semaine.

La lesbophobie

SOS homophobie publie également la Synthèse de l’enquête sur la lesbophobie. Fondée sur les réponses de 1793 femmes, il s’agit de la première enquête statistique nationale sur ce sujet.
Les résultats de l’enquête sont alarmants, puisque 63% des femmes interrogées évoquent des épisodes lesbophobes dans leur vie. Les domaines les plus cités sont la vie quotidienne et la famille, suivis à égalité par le milieu professionnel et le cercle amical (respectivement par 45%, 44%, 24% et 24% des répondantes).
Alors que l’homosexualité féminine apparaît très peu dans les recherches scientifiques et la vie publique, cette enquête montre que la lesbophobie est un phénomène qui touche près de 2 lesbiennes sur 3.

L'engagement d'IBM

Cette publication a été financée par la société IBM France, qui explique ainsi la motivation de son soutien: «Le premier engagement d'IBM sur les LGBT date de 1983 quand l'orientation sexuelle est venue enrichir les axes de notre politique de Diversité et d'Inclusion. IBM met en avant une approche globale de la diversité axée sur la compréhension, l’estime et l’ouverture par rapport aux différences humaines et culturelles. C'est dans ce même esprit que nous avons apporté notre soutien à la publication de ce rapport sur la lesbophobie.»

L'attitude des pouvoirs publics

L’actualité récente a encore montré la diversité des manifestations de rejet des homosexuel-le-s, et notamment de l’homophobie institutionnelle :

  • interdiction des PACS binationaux dans des pays où l’homosexualité est condamnée,
  • condamnation de la France par la justice européenne pour discrimination à l’encontre d’une lesbienne souhaitant adopter,
  • expérimentation d'un logiciel policier permettant un fichage des homosexuel-le-s,
  • déchéance de la nationalité d’un Français marié à un Néerlandais…

Face à ces constats, SOS homophobie renouvelle sa demande d’une politique cohérente et globale de prévention de l’homophobie. Cette politique doit reconnaître la spécificité des discriminations visant les lesbiennes et les gays. Au gouvernement, qui n’a toujours pas officiellement reconnu la Journée mondiale contre l’homophobie, l’association rappelle cet engagement pris en matière de prévention par le candidat Nicolas Sarkozy en avril 2007: «Tout ce qui peut être fait à l'école pour expliquer que la différence est une richesse et pas un risque, je le favoriserai».
L’association s’oppose au projet du gouvernement d’instaurer un contrat d’union réservé aux seuls couples homosexuels, qui aboutit à instaurer un fichage de ces couples et à les forcer à une visibilité dont ils ne sont pas tous demandeurs.
Enfin, alors que la France s’apprête à prendre la présidence de l’Union européenne, SOS homophobie appelle le gouvernement à mettre un terme à l’homophobie d’Etat en suivant l’exemple de nos voisins européens: égalité des droits entre homosexuel-le-s et hétérosexuel-le-s.


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