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Scolarisation des enfants handicapés: l'association HSERA porte le sujet sur la place publique HSERA - Handicap-Soins-Ecole-Réponses Adaptées
20/05/2008
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Le 13 mai, nous publiions un résumé des récentes mesures destinées essentiellement à permettre une meilleure intégration des jeunes handicapés dans les structures scolaires normales.
Voici la réaction d'un éducateur spécialisé en Institut Médico-Pédagogique qui veut attirer l'attention sur le besoin de structures spécialisées.


 
 
Libre expression

HSERA - Handicap-Soins-Ecole-Réponses Adaptées

L’intégration scolaire prônée par la loi de février 2005 n’est pas adaptée à tous les handicaps. Un enfant en fauteuil roulant peut avoir accès à l’école s’il y a des rampes, des ascenseurs; un enfant sourd-muet aussi s’il rencontre un enseignant qui use de la langue des signes. Mais pour des enfants présentant des déficiences intellectuelles ou mentales sévères, des troubles graves du comportement l’école est d’abord inadaptée.
Ces enfants nécessitent des soins et une éducation spécialisée.
En l’ignorant, l’école consacre leurs échecs. Le handicap constitue une différence qu’il faut accepter: la nier au prétexte d’égalité est lourd de conséquences: retards de prise en charge adaptées, souffrances pour les enfants, les parents et les professionnels, enseignants compris.
La loi oblige les directeurs d’école à tous les inscrire.
Peut-on parler d’intégration scolaire quand un enfant passe deux demi-journées en classe et le reste de la semaine dans sa famille ?
Non. La maison départementale des personnes handicapées a supprimé et remplacé les commissions (CDES) composées d’enseignants et de professionnels qui alertaient les parents sur l’orientation des enfants handicapés. Désormais, c’est aux seuls parents de demander l’inscription dans un établissement spécialisé.
Quel parent fera d’emblée une telle démarche alors qu’on lui propose une inscription à l’école ? Aucun, car tous rêvent d’un enfant normal, en milieu ordinaire, ce qui se comprend.
Dans les meilleurs des cas, ils finiront par réclamer une prise en charge adaptée, mais elle se fera de façon différée, au détriment des enfants.
Dans l’IMP où je travaille, nous recevons des enfants quittant l’école et présentant des difficultés plus lourdes à traiter parce qu’il n’ont pas été orientés assez tôt.
Veut-t-on réellement favoriser l’autonomie et l’épanouissement de ces enfants en les mettant d’emblée à l’école ?
Les établissements spécialisés ne sont pas des mouroirs comme on veut le faire croire mais des petites écoles adaptées ouvertes sur l’extérieur.
Certains, parce qu’on les a préparé, intégreront l’école ordinaire.
Pas tous. Encore faut-il qu’il y ait des places:

  • 15 000 classes spécialisées ont été fermées en 10 ans;
  • 14 000 postes d’enseignants spécialisés supprimés dans les écoles en 20 ans.
  • 20 000 places manquent en établissements spécialisés.

Combien des 47 500 enfants sans solution restent dans leur famille, sans ou avec si peu de soins ?
Le problème est politique: un enfant en Institut Spécialisé coûte dix fois plus cher qu’un enfant en classe ordinaire; une classe d’intégration scolaire de 11 enfants est moins rentable qu’une de 26 !
Il faut choisir dans quelle société nous voulons vivre ! L’inscription obligatoire à l’école n’est pas une intégration pour ces enfants mais un déni éducatif, un déni de soins. Une maltraitance.


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