Le père d'un enfant handicapé de 8 ans fait ses comptes et s'exprime sur les difficultés qu'il doit surmonter. Elles ont déjà plus ou moins été abordées ici :
- aides financières insuffisantes face aux frais considérables causés par le handicap,
- manque de structures adaptées,
- coût unitaire élevé des structures spécialisées, plus ou moins bien gérées,
- ségrégation à l'encontre du handicap lourd,
- méthodes de soins inadaptées ou dépassées (ce dernier point, fréquemment soulevé par les parents, notamment les parents d'enfants autistes, interpelle puisque ce n'est pas forcément une question de moyens).
N'hésitez pas à répondre à ce document.
Libre expression Jean-Pierre Mariot, Bry-sur-Marne Sur les aides et les coûts
Je me permets de vous indiquer quelques coûts annuels :
enfant scolarisé en maternelle et en primaire ordinaire : 3 900 €/an dont 1 500 €/an à la charge de la commune.
enfant intégré dans un IME (Institut Médico-Educatif) en région parisienne : 48 300 €/an à 52 500€/an (prix à la journée entre 230€ et 250€ x par 210 jours annuel).
En sachant qu'un IME sous contrat et agréé bénéficie d'une aide financière pour les locaux et n'a pas en charge l'enseignante de l'éducation nationale.
enfant intégré dans un hôpital de jour en région parisienne : 93 800€/ an.
enfant dans une école privée sous contrat à Paris (cette fois à la charge des parents) : 11 000 € / an.
enfant dans une école privée hors contrat à Paris : 6 200€ + transport (le car n'est pas remboursé pour les écoles hors contrat - 2 cartes orange 4 zones : = 1 740 €). Total : 7 940 € / an.
Sur les cas atypiques et les enfants rejetés
Certains parents sont sans solution (non respect de la loi du 11 février 2005). Leurs enfants sont rejetés de l'école publique et des établissements spécialisés type IME ou hôpital psychiatrique de jour.
Il bénéficient de l'AEEH (Allocation d'Éducation de l'Enfant Handicapé - ex AES)
Par exemple : 468.55€ x 12 = 5 622.60 € / an
Au delà de l'âge de 7 ans, l'enfant ne bénéficie plus de l'action d'un CAMSP (Centres d'action médico-sociale précoce ). Il faut alors se tourner vers un pédo-psychiatre, en libéral : 75 € pour une heure, 500€ l'examen psychologique et entre 7 000€/an et 13 000€/an pour un suivi d'accompagnement.
Dans ce dernier cas, les coûts sont très importants pour les familles d'autant qu'un des parents doit souvent arrêter son activité professionnelle. Pour la collectivité, c'est tout bénéfice, puisque l'AEEH et son complément ne représentent que 10 % de la subvention publique à un hôpital de jour.
Faute de moyens suffisants et adaptés, les pouvoirs publics ont institué une discrimination des enfants handicapés atypiques en obligeant les parents à envoyer leurs enfants dans des institutions spécialisées en Belgique ou en privé hors contrat en France.
Sur la mauvaise gestion
La dispersion des établissements spécialisés génère un coût de fonctionnement trop important.
Nous devons, non pas réduire les coûts de fonctionnement, mais mieux gérer les IME ou les IDEM, avec l'obligation de résultats dans les soins et la scolarisation des enfants handicapés.
Le deuxième poste de dépense d'un IME, c'est le transport, ce n'est pas normal. Le transport des enfants en véhicules adaptés, en fonction du lieu d'habitation et du lieu de l'établissement spécialisé, certains enfants handicapés passe 3 heures par jour en transport.
Autre exemple, dans un IME, une orthophoniste ayant un contrat de travail par exemple de 25 h semaine ou de 35 heures par semaine, bénéficie de 11 heures par semaine pour prise de notes et réunions.
Sur les méthodes
En France et en Argentine (les deux derniers pays restant sous l'influence des leaders psychanalystes Freudiens ou Lacaniens), la situation en terme de résultats des soins n'est pas favorable, malgré les importants financements publics des IME et autres hôpitaux psychiatriques de jour.
L'instruction des pré requis scolaires en IME sont entre une demi journée et 1 heure par semaine (rarement deux jours par semaine), l'instruction des fondamentaux sociétaux en cumul temps ne sont que d'une demi journée par semaine.
De mon point de vue, nous devrions réfléchir sur cette expérience à Paris où, dans les anciens locaux d'une école publique,
il y a une IME qui fonctionne, certes avec la méthode ABA (Applied Behavioral Analysis - Analyse Appliquée du Comportement). La passerelle y existe pour les enfants handicapés qui passe en école ordinaire.
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