De l'huile de vidange dans nos salades, la galère dans les transports, le pouvoir d'achat qui rétrécit... Allons, oublions nos petits tracas quotidiens 5 minutes pour nous poser une question plus importante : qui sommes-nous ?
Voilà un sujet abordé par l'AFIS. Cela vous tente ?
Libre expression AFIS - Association Française pour l’Information Scientifique Le soldat termite kamikaze se fait exploser face à l’ennemi; la fourmi élève des pucerons et cultive des champignons; les lionnes chassent en meute tandis que la panthère chasse en solitaire; le gorille est polygame quand le gibbon est monogame à vie et la femelle ouistiti polyandre; certaines sociétés sont ouvertes (chimpanzés) alors que d’autres sont fermées (rats): Comment ces comportements ont-ils pu être favorisés au cours de l’évolution et à quels impératifs écologiques répondent-ils ?
La science des comportements du vivant
«C'est bien une seule et même logique qui rend les paons et les éléphants de mer polygynes, prédispose les ouistitis et les jacanas à la polyandrie et assure le triomphe de la monogamie chez les loups et les flamants roses. De même qu'elle explique une multitude de comportements qui nous paraissent de prime abord illogiques, à l'instar du comportement infanticide des lions mâles ou de la gestation devenue l'apanage des mâles chez l'hippocampe. » répond Franck Cézilly, professeur d’écologie comportementale à l’Université de Bourgogne et auteur d’une histoire naturelle de la monogamie.
Cette logique c’est celle de l’évolution des espèces mise en lumière par Charles Darwin. Les idées de sélection naturelle et de sélection sexuelle ont ainsi profondément renversé les façons de penser; née de la convergence entre l’éthologie (étude du comportement animal), l’écologie (étude du milieu), la biologie des populations et les sciences de l’évolution, l’écologie comportementale s’intéresse aux « décisions » stratégiques des organismes vivants: choisir un habitat, chercher de la nourriture, choisir un partenaire, coopérer, se défendre.
Qu'en est-il de l'homme ?
L’écologie comportementale trouve de nombreuses applications dans la biologie de la conservation mais un de ses enjeux, source de controverses, consiste aussi à tester l’intuition gradualiste de Darwin, selon laquelle il n’y a pas de différence de nature mais uniquement en degré entre les fonctions cognitives animales et humaines; replaçant les comportements du primate que nous sommes dans une perspective évolutionnaire, l’écologie comportementale interroge donc également le substrat biologique des fonctions cognitives humaines.
«L'homme est un animal qui a la prétention de ne pas en être un. C'est toute la beauté de l'homme de vouloir échapper à sa biologie mais c'est aussi son drame, son aveuglement. L'homme est beaucoup plus contraint qu'il ne le croit par sa biologie et par sa culture, entendue comme un sous-produit de la biologie ! » développe Etienne Danchin du laboratoire d’Evolution et Diversité biologique de l’Université de Toulouse et co-auteur d’un traité d’écologie comportementale.
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