
| En visite à l'hôpital Georges Pompidou, Roselyne Bachelot a remis le DMP sur les rails avec doigté. Pas de surprise, ses propos reprennent peu ou prou ceux du raisonnable rapport Gagneux.
Déjà, plus de débats de mots entre Dossier Médical Personnel ou Partagé, ou voire carrément une autre appellation. Il sera à la fois "personnel" et "partagé" par tous les acteurs de santé (dans les limites de la vie privée et des désirs du patients).
Terminés également les délirant calculs économiques qui devaient permettre de boucher le trou de la Sécu en rationalisant le suivi des patients. Il faut dire que les différents organismes de santé (CHU, Agences régionales, cabinets spécialisés...) n'avait pas attendu pour s'équiper. C'est le cas notamment de l'hôpital Georges Pompidou.
Parmi les raisons de l'enlisement du DMP, il y avait le peu d'enthousiastes que ceux qui avaient investi dans un outil performant et devaient soudain se plier aux injonctions administratives pas toujours très cohérentes et parfois un peu hautaines.
DMP - Dossier Médical Personnel
Le DMP est l'un des grands projets technologiques de la décennie. Il consiste à rassembler dans un même dossier informatique l'ensemble de toutes les informations de santé (analyses, radio, prescriptions...) de chacun des 60 millions de français.
Le DMP a au moins 3 avantages: - pour le malade, une meilleure qualité des soins, notamment en permettant aux médecins de ne pas prescrire des médicaments contre-indiqués, soit avec une pathologie qu'ils ignorent, soit avec un autre médicament déjà prescrit,
- pour les médecins et les hôpitaux, un archivage des documents enfin résolu,
- pour la sécurité sociale, moins d'ordonnances et d'examens en double (évalués à 1,5 milliards d'euros de gaspillés).
Malheureusement, comme beaucoup de grands projets, le DMP, prévu à l'origine pour 2007, ne devrait pas voir le jour avant 2010, voire plutôt 2015.
Lire le Rapport sur le DMP.
Les médecins montent au créneau
Déjà irrités d'être accusés de prescrire médicaments et arrêts de travail avec largesse et ayant dû faire les frais de l'installation de la Carte Vitale, les médecins regardent le DMP d'un oeil circonspect.
Ils ne souhaitent pas entrer dans un système administratif contraignant et pas forcément performant, comme l'administration sait parfois en faire. Ils l'ont fait savoir à Roselyne Bachelot en lui remettant un livre blanc en mai 2008.
Le Conseil de l'Ordre veut un système souple et dans lequel il aura son mot à dire, notamment dans la gestion des identités des médecins.
Ma santé sur ordinateur, oui mais lequel ?
Devant la complexité grandissante des prises en charge médicales et l'accroissement insupportable des dépenses, il est nécessaire de rationaliser la gestion des soins, et vite. Pour cela plusieurs chantiers, pas forcément bien coordonnés ont été lancés :
- d'abord, dans pas mal d'établissements, les dossiers des patients sont maintenant plus ou moins bien informatisés,
- la Carte Vitale, permet la prise en charge financière des patients,
- la carte CPS, identifie informatiquement le médecin et lui permet de rentrer en contact avec l'Assurance maladie,
- le "web médecin" permet aux médecins d’avoir accès par Internet à l’historique des prescriptions et des remboursements des patients venus les consulter sur les 12 derniers mois (seulement les médicaments et examens remboursés),
- les registres spécialisés (greffes, cancérologie...),
- le DP : Dossier Pharmaceutique, créé par les pharmaciens pour centraliser ce qui a été vendu aux patients
Jolie pagaille ? Pas complètement, chacun a intérêt à s'entendre au final (Etat, Assurance maladie, Centres de soins, libéraux, patients...). Et tous ces systèmes peuvent communiquer entre eux à l'aide de normes internationales maintenant assez bien connues.
Il restera à l'Etat à mettre peu à peu en place un système fédérant l'ensemble et composé de 2 éléments principaux :
- un système donnant un identifiant unique à chaque patient (ce ne sera pas notre bon vieux numéro de Sécu),
- un système de stockage pouvant recevoir les 60 millions de dossiers peu à peu constitués.
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