Ce n'est pas sur un tel sujet, qu'on trouvera de quoi alimenter la guerre des sexes. Dans son dernier bulletin, l'InVS étudie les risques spécifiques pour les femmes de pratiques addictives. Cette fois, c'est sûr, hommes et femmes sont différents.
Différences physiologiques
Le rapport note 3 différences fondamentales entre les 2 sexes :
- à poids égal, les femmes ont un volume de liquide corporel plus faible que celui des hommes et elles métabolisent l’alcool différemment, ce qui entraîne un taux d’alcoolémie plus élevé à quantité absorbée identique.
Du fait, elles développent des problèmes de santé liés aux consommations, comme des maladies du foie liées à l’alcool, plus rapidement que les hommes. La durée écoulée entre l’expérimentation et la dépendance est généralement plus faible pour les femmes, pour la cocaïne, le cannabis ou l’alcool comme pour les opiacés.
- la seconde différence est liée aux hormones. Par exemple, certains problèmes liés à la consommation de tabac, comme le cancer du col de l’utérus ou le cancer du sein, sont spécifiques aux femmes. La consommation des opiacés induit des cycles menstruels irréguliers voire une aménorrhée, ce qui fait négliger la contraception et met la femme à la merci d’une grossesse non désirée.
- la troisième différence est la probabilité plus forte pour les femmes toxicomanes de contracter des maladies infectieuses, en particulier le VIH,
car elles ont un risque plus grand d’infections génitales. Elles sont, en outre, plus susceptibles que les hommes d’avoir des relations sexuelles en échange de drogue ou d’argent.
Alcool, tabac, drogue et grossesse
L’alcool peut provoquer l’infertilité des femmes et des fausses couches. Le tabac provoque une baisse de la fertilité féminine et une augmentation des grossesses extra-utérines. Outre un syndrome de sevrage chez le nouveau-né, les substances illicites peuvent également entraîner des fausses couches, des naissances prématurées ou de faibles poids. Le lien entre les grossesses non désirées chez les adolescentes et l’usage de substances psychoactives est établi dans des pays comme le Royaume-Uni.
La femme serait plus dépendante de son partenaire
De nombreuses études montrent que les femmes sont en général plus dépendantes dans leur vie affective que les hommes. Pour ce qui concerne la toxicomanie, certains auteurs soutiennent qu’elles ont une double dépendance aux drogues et à leur partenaire.
Dans la plupart des cas, le partenaire est aussi le fournisseur des substances: dans des études européennes parmi les femmes en traitement pour un usage d’héroïne, près de la moitié a déclaré avoir goûté la première fois aux drogues avec un petit ami, ou avec leur mari.
Dans différentes enquêtes sur l’addiction féminine, les femmes déclarent qu’elles ont consommé des drogues avec leurs partenaires pour se sentir plus proches, ou pour partager une expérience.
Pour les femmes, les addictions seraient ainsi davantage en lien avec la vie affective, tandis que pour les hommes, ces conduites seraient avant tout liées aux relations avec leurs pairs ou à la solitude.
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