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Le redressement de l'Assurance maladie se fait-il sur le dos des malades ? CISS - Collectif Interassociatif Sur la Santé
30/07/2008




 
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Le fameux "trou de la sécu" n'a semble-t-il pas de fond. Les gouvernements se succèdent et mettent à chaque fois en place un nouveau plan de redressement de l'Assurance maladie. La recette est la même pour tous les autres gestionnaires qui doivent redresser les comptes :

  • dépenser moins (c'est-à-dire, rembourser encore moins les assurés),
  • gagner plus (en augmentant les cotisations ou en piochant à droite à gauche).

Piocher dans la poche des mutuelles qui vont pas trop mal, voilà la dernière idée. Reste que cette ponction se répercutera forcément tôt ou tard sur les clients des mutuelles.
A un moment donné, on se rendra peut-être compte que l'on paye pour presque rien en échange. Alors pourquoi pas seulement une mutuelle privée ?
Cela nous mènerait-il vers l'abandon du modèle français de l'égalité de l'accès aux soins et vers la privatisation ? En tous cas, c'est ce que redoutent les associations d'usagers. Voici la réaction du CISS.

Libre expression

CISS - Collectif Interassociatif Sur la Santé

Les ministres de la Santé et du Budget viennent de rendre public le plan d’économies sur les dépenses d’assurance maladie pour 2009 dont certaines mesures sont applicables immédiatement.
Il ne fait pas de doute que l’état des finances de l’Assurance Maladie appelle des mesures à effet immédiat: nous ne pouvons plus recourir à la pratique irresponsable du report sur les générations futures des déficits via le mécanisme de la Caisse d’amortissement de la dette sociale.
Cette situation de déficit est due à l’absence de réflexion et d’action collective suffisantes sur les dépenses autant que sur les recettes. De sorte que chaque année des mesures d’ajustement sont prises, sans corriger les causes structurelles du déficit ni rechercher les ressources supplémentaires indispensables alors même que des recommandations en ce sens sont émises par la Cour des Comptes, l’IGAS ou même des rapports parlementaires. C’est faute de vision à long terme que des mesures conjoncturelles, toujours insuffisantes, sont adoptées, comme les franchises ou les forfaits, créant dans l’opinion le sentiment d’une incapacité grandissante de l’action publique en même temps que celui de l’iniquité puisque l’on fait peser les efforts sur les consommateurs de soins et jamais sur les producteurs de soins.
Les annonces d’aujourd’hui sont encore la démonstration de l’iniquité des mesures prises. L’Etat demande aux médecins de faire environ 500 millions d’économies au titre de la « maîtrise médicalisée » en 2009 et 2010 mais s’apprête à revaloriser la consultation à hauteur de 23 euros: passer de 22 à 23 euros équivaut en année pleine à 500 millions d’euros. Ce qui équivaut donc à ne demander aux médecins … aucun effort !
Surtout les décisions qui se préparent vont consacrer un nouveau partage entre l’Assurance Maladie et les complémentaires vers une véritable privatisation du système de santé.
Le grand débat sur le financement promis par le Président de la République n’a donc pas eu lieu mais il a été tranché dans le secret des négociations d’été. A la rentrée, nos concitoyens découvriront le secteur optionnel, c'est-à-dire la généralisation des dépassements d’honoraires … acquise avec la complicité de tous ceux qui prétendent parler en leur nom. Pour les bénéficiaires d’une complémentaire, il faudra payer plus. Pour ceux qui n’en ont pas, ils auront à chercher les derniers médecins de secteur 1, humanistes et solidaires, militants soucieux de l’égal accès aux soins pour tous.
Dans ces conditions, les associations d’usagers du système de santé demandent à être présents, à parité, au sein de l’Union nationale des caisses d’assurance maladie (UNCAM) et de l’Union nationale des organismes complémentaires d’assurance maladie (UNOCAM): là où les décisions se prennent.

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